Chroniques

Épisode 1 – Une simple rencontre

Octobre 2017.

J’étais perdue au milieu de personnes que je ne connaissais pas, à une soirée professionnelle pour laquelle je jouais les « jury » et devais évaluer des travaux de graphistes amateurs ou reconnus. Mon collègue de l’époque, François, m’avait embarquée : « c’est plus sympa à deux », « il y aura quelques personnages un peu punks, habitués de ce genre de soirées », et surtout, « il y a un bar en fin de soirée ». OK ! Il n’en fallait pas plus pour me convaincre.

Temps de lecture estimé : 3 minutes 

La soirée se passait, on découvrait les candidats, on rigolait bien, on évaluait, on votait… Dans mon groupe, plusieurs profils bien différents et assez fun, qui m’avaient vraiment marqué : une graphic designer (qui en plus d’être aussi photographe, créait des corsets et des costumes), un illustrateur (et également apprenti tatoueur)… et un prof en graphic design, néo-brasseur qui avait l’air de s’éclater à créer des identités graphiques coolos pour les étiquettes de bières. Bref, j’ai accroché direct.

En fin de soirée, comme prévu, tout le monde s’était rué dans l’espace cafétéria pour pouvoir manger quelques tapas et boire une bière… voire deux. Il y avait de l’Embuscade ce soir-là (sans mauvais jeu de mot) : je m’en souviens, j’étais méga déçue car je ne suis pas une grande fan des bières fruitées, et puis je voulais boire une bière qui désaltère… Une blonde, ou une Triple quoi. Vous comprenez ? Heureusement, mon collègue avait tout prévu et avait ramené en stoemelings une grande bouteille de Saint Bon-Chien, qu’il gardait pour faire goûter à un ami ce soir-là… Et finalement, nous étions 3 autour du mange-debout à le pousser à ouvrir la bouteille et à tendre nos verres (le pauvre.) :

  • moi (qui ne connaissais pas mais curieuse de goûter une bière qui se vendait à 18€ la bouteille de 75cl),
  • Luc (de l’agence Ex-Nihilo, amateur de bières et qui s’occupait notamment de l’identité graphique de la Quintine, parmi d’autres projets),
  • et Manu, le néo-brasseur un peu punk que je reconnaissais enfin (il avait participé à une soirée PechaKucha Night que nous avions organisée à Mons quelques semaines plus tôt… Mais c’est une autre histoire).

Résultat : très bonne expérience, j’ai même renouvelé la dégustation au Moeder Lambik !

De fil en aiguille, un verre après l’autre, j’ai fini par discuter longuement avec Manu : comment pouvait-on réussir à brasser de la bière chez soi, dans sa cuisine ? Qu’est-ce qui l’avait amené à vouloir brasser sa propre bière ?

J’étais intriguée. J’étais même un peu jalouse. Quelle chance de savoir faire ça ! Quel cran surtout : à ce moment-là, le fait même de brasser me paraissait un monde à part, réservé aux personnes qui osaient, qui maîtrisaient l’art du brassage et qui étaient innovantes… Et parce que toute son histoire me passionnait, portée par un élan digne d’une dramaturge grecque, motivée notamment par les vapeurs de la bière suisse (what a melting pot !), j’ai commencé à lui parler de la Brasserie Colmant et de ma lubie de ces dernières années : retrouver une partie du patrimoine dispersé aux 4 coins du globe, collectionner les objets de la Brasserie que je retrouvais,… Et puis, il y avait ce rêve un peu fou de pouvoir brasser à nouveau une bière Colmant, de retrouver un jour des notes de mon grand-père avec la recette de la Saison Colmant, de prendre des marmites et de tester ça dans ma cuisine… Et de l’offrir à mon père.

Il trouvait l’idée de relancer une bière disparue depuis près de 40 ans assez sympa, une expérience unique d’apprenti sorcier/cuisinier des temps modernes. Et on clôturait alors la soirée en se disant que si ce jour arrivait, il fallait se revoir.

Et il arriva plus vite que prévu.

 

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